
Origines de la fête
Le solstice d'hiver était célébré avant le christianisme : les Romains fêtaient les Saturnales du 17 au 24 décembre et pendant ce temps de bascule vers l'an neuf, les esclaves devenaient les maîtres et inversement.
Ils fêtaient également la naissance du soleil invaincu au solstice d'hiver (vers le 21 décembre en Europe) qui commençait la nouvelle année, annoncée par le rallongement des jours. Venu de Perse, ce culte de Mithra s'est répandu au IVe et IIIe siècle av. J.-C. et se concluait par le sacrifice d'un taureau, le Sol invictus (Soleil Invaincu) correspondant à la naissance du jeune dieu solaire, qui était censé surgir d'un rocher ou d'une grotte sous la forme d'un enfant nouveau-né.
La fête des Sigillaires, « ancêtre » de la Saint-Sylvestre, concluait les festivités à la fin du mois de décembre.
Lorsque Jules César réforme le calendrier, le solstice d'hiver tombe un 25 décembre. Mais le calendrier du mathématicien Sosigène d'Alexandrie (calendrier julien, avec des années de 365 jours et une année bissextile tous les quatre ans) était imprécis car il donnait onze minutes en trop tous les ans. Le temps passant, le décalage devient de plus en plus visible. En 325, on constate lors du Ier concile de Nicée qui fixe la date de Pâques, que l'équinoxe qui se déroule le 21 mars aurait dû tomber le 25 mars, faute au décalage non pris en compte dans le calendrier julien.
En Norvège, au Xe siècle, le roi Håkon den Gode aurait décidé que la fête du Midtvintersblot (fête du milieu de l'hiver, où le lutin Julenisse distribuait des cadeaux) serait fêté en même temps que le Noël chrétien [1].
En 1582, où Pâques tombe un 11 mars, le pape Grégoire XIII décide de corriger le calendrier julien et le remplace par le grégorien, plus précis : il supprime les années bissextiles en trop, remet Pâques à l'équinoxe de printemps, retire les jours entre le 4 et le 15 octobre 1582 mais ne veut pas corriger Noël, qui tombe alors un 25 décembre, conformément au Concile, mais contrairement à la fête païenne romaine.

Célébration de la Nativité de Jésus-Christ
Pour les chrétiens, elle commémore la naissance de Jésus de Nazareth qui selon la tradition serait né à Bethléem le 25 décembre de l'an 1 av. J.-C. (puisque l'année 1 est celle de son premier anniversaire et qu'il n'existe pas d'année 0).
C'est le pape Libère qui, en 354, aurait fixé la naissance de Jésus au 25 décembre et codifié les premières célébrations pour promouvoir l'essor du christianisme tout en assimilant les fêtes populaires et païennes célébrées autour du solstice d'hiver.

Avant lui, les chrétiens fêtaient la naissance du Christ le même jour que l'adoration des mages (épiphanie ou "manifestation du Seigneur") et le baptême dans le Jourdain : le 6 janvier. Les Églises orthodoxes et l'Église apostolique arménienne perpétuent aujourd'hui cet usage des premiers siècles.
Voici un extrait d'un texte de Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque d'Arras (16 décembre 2004) à propos de la fête de Noël :
« Les évangélistes dont un sur quatre seulement propose un récit de la naissance de Jésus étaient bien incapables d’en situer la date exacte. Excellente pédagogue, l’Église, en Occident, a fixé en 353 la célébration de Noël au moment de la fête païenne du solstice d’hiver. Le signe est magnifique. Les rayons du soleil sont au plus bas de leur déclin. Progressivement le jour va s’imposer à la nuit. La lumière va triompher. Le Christ naissant est alors loué et accueilli comme la lumière qui brille dans les ténèbres, comme le jour qui se lève sur l’humanité engourdie et endormie. Il est le jour nouveau qui pointe à minuit. »
Pour noter cette naissance d'un Dieu parmi les hommes, les chrétiens disent que Jésus-Christ est l'Emmanuel, mot hébreu qui signifie "Dieu parmi nous".

Symboles contemporains
Dans les sociétés occidentales, il existe plusieurs symboles de Noël.
Les symboles spécifiquement catholiques :
La crèche est une mise en scène de la naissance de Jésus telle qu'elle est présentée dans le Nouveau Testament : sur une table, ou à même le sol, on bâtit une étable miniature dans laquelle on dispose des personnages (en terre cuite souvent) représentant les parents de Jésus et les bergers réunis autour du nouveau-né. La première crèche aurait été réalisée par François d'Assise en 1223 à Greccio, en Italie ; il s'agissait alors d'une crèche vivante, c'est-à-dire avec des personnages réels. Depuis le XVIIIe siècle, la tradition de la crèche s'est perpétuée dans tout le monde catholique, et particulièrement en Provence où des personnages nouveaux ont été ajoutés, les santons, qui représentent les métiers traditionnels ou des scènes de la vie quotidienne de la région. Les rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar, trois érudits de l'époque du Christ, sont représentés en route vers cette même étable, mais on ne célèbre leur arrivée qu'à l'Épiphanie.
La messe de minuit, messe du 24 décembre au soir, au cours de laquelle on célèbre la Nativité de Jésus-Christ, c'est-à-dire sa naissance. Traditionnellement elle commençait à minuit ; aujourd'hui elle a lieu de plus en plus souvent en début de soirée.
L'Avent, période liturgique qui englobe les quatre dimanches qui précèdent Noël. Traditionnellement, les chrétiens allument une bougie le premier dimanche, puis une de plus chaque dimanche suivant, symboles de la lumière qui va renaître le soir de Noël. De cette période est née la tradition du calendrier de l'Avent : cela consiste, dans une grande planche en carton prédécoupée, à ouvrir des petites fenêtres, une par jour depuis le 1er décembre jusqu'à Noël (24 jours). Chaque fenêtre contient une phrase de l'Évangile (version chrétienne), ou une petite confiserie (version païenne).

Les autres symboles :
La veillée de Noël, soirée du 24 décembre qui, pour les catholiques, est coupée par la messe de minuit.
Le Père Noël, personnage allégorique représenté par un vieil homme barbu chargé d'apporter des cadeaux aux enfants. Il est entouré de tout un folklore : traîneau volant tiré par des rennes, lettre de demande de cadeaux à son intention, etc. S'il était à l'origine coloré en vert ou en rouge, c'est une marque de soda américaine qui a rendu universel l'habit actuel entièrement rouge et blanc, qui avait été popularisé par les illustrateurs de la fin du XIXe siècle. Il est inspiré (entre autres) du saint Nicolas chrétien et de Julenisse, un lutin scandinave qui avait la même fonction à la fête de la mi-hiver (« jul », en norvégien « Jol » ou « Midtvintersblot » correspond au solstice d'hiver) et aidait aux travaux de la ferme.
les cadeaux de Noël, présents que l'on échange le jour de Noël avec les personnes réunies sous le même toit, et dans les jours qui suivent avec la famille et les amis proches. Ces cadeaux sont bien emballés dans des papiers aux motifs colorés. Ils sont ouverts le matin de Noël, ou parfois à la fin de la veillée de Noël. Pour les enfants, ces cadeaux sont essentiellement des jouets, et Noël est la période où les marchands de jouets réalisent l'essentiel de leurs ventes.
Les décorations de Noël, aussi bien à l'intérieur des habitations que dans les rues, qui donnent un air de fête. Elles sont souvent lumineuses pour pouvoir être allumées dès la nuit tombée.
Le sapin de Noël, toujours présent à l'intérieur des habitations, est chargé de décorer et de regrouper les cadeaux de Noël dans les familles. Le premier arbre de Noël serait apparu en Alsace en 1521. En fait la tradition d'un arbre décoré est beaucoup plus ancienne puisque les Celtes décoraient déjà un arbre, symbole de vie au moment du solstice d'hiver. Les Scandinaves faisaient de même pour la fête de Jul, qui avait lieu à peu près à la même date que Noël. L'installation de cet arbre sera d'ailleurs considéré comme une pratique païenne jusqu'au milieu du XXe siècle par l'Église catholique. Au contraire les Protestants l'adopteront dès la Réforme de 1560 comme symbole de l'arbre du paradis.
Le repas de Noël, avec la dinde de Noël et la bûche de Noël, repas festif du jour de Noël (le 25 décembre). La bûche de Noël est un dessert en forme de petite bûche ; souvent c'est un gâteau roulé recouvert de crème au chocolat, parfois il s'agit d'une glace. Cette bûche rappelle la tradition ancienne de mettre dans le feu une grosse bûche au début de la veillée ; cette bûche avait été choisie pour sa taille et sa qualité car elle devait brûler pendant toute la veillée.
Le marché de Noël, qui précède Noël. Il se compose de petites échoppes habituellement en bois et construites pour l'occasion, qui proposent des petits articles de décoration, des jouets et des cadeaux souvent artisanaux. En France, la tradition des marchés de Noël, vivante dans l'Est (Alsace), s'est répandue dans le reste du pays au cours des années 1990.

ajouter un commentaire commentaires (0) recommander












